Mamans Digitales, la formation de Nathalie Grimaud
Nathalie Grimaud, fondatrice de Mamans Digitales France

Nathalie Grimaud : “Être maman est un plus et non un frein à une carrière !”

Et si vous deveniez Mamans Digitales ? C’est le concept de l’entreprise créée par Nathalie Grimaud. Cette maman s’est mise à son compte en octobre 2019, après être partie du constat que peu d’organismes permettaient l’accompagnement spécifique des mères-entrepreneures.

1 - Comment vous est venu le concept des Mamans Digitales ?

L’idée ne vient pas de moi. Elle a été créée en Espagne par deux collaborateurs, Franc et Billie, qui avaient montés leur agence de pub digitale en 2010.  À l'époque, ils proposaient une prestation de Community Manager. Ils sont devenus parents, tout comme les membres de leur équipe, donc ils avaient besoin de plus de flexibilité. Finalement, ils ont constaté que les femmes nouvellement mamans géraient mieux les clients et étaient plus performantes.

Malheureusement, l’entreprise a dû fermer suite à des problèmes. Forts de cette expérience, Franc et Billie ont souhaité former les mamans au Community management. Donc en 2016, ils ont créé Mamans Digitales. Après quoi, ils ont voulu étendre leur concept en France. C’est là, qu’ils m’ont contactée. Moi je voulais monter ma propre entreprise mais, je ne voulais pas le faire seule. Et avec mon histoire, le choix de tabler sur la formation des mamans faisait sens. 

2 - Vous parlez de votre histoire, c’est quelque chose qui vous a touchée personnellement ?

Je suis maman de 4 enfants. J’ai été salariée pendant 10 ans dans le domaine du digital et j’ai eu des problèmes à chacune de mes grossesses avec ma hiérarchie. Lors de ma première grossesse, mon manageur de l’époque m’avait mise au placard dès mon retour de congé maternité en me retirant tous mes clients. Je suis pourtant bilingue Espagnol. L’une des excuses qu'il a utilisé a été de dire que je ne parlais pas bien la langue. Donc, que je ne pouvais pas gérer les clients dont, je m’occupais depuis des mois. J’ai également dû saisir les Prud'hommes deux fois, suite à deux licenciements abusifs également liés à mes grossesses. J’ai eu des galères comme ça à chaque fois !

Ça allait de la mise au placard, au licenciement, en passant par des collègues qui s’arrangeaient pour me prendre mon poste pendant mon congé maternité . J’ai dû changer plusieurs fois d’entreprises. J’en dormais plus, je mangeais mal. Finalement, après mon dernier licenciement, j’ai arrêté de chercher une entreprise. Je me suis lancée comme consultante indépendante et j’ai monté Mamans Digitales.

Plus de 80% des mamans que nous recevons ont déjà subi des discriminations de ce type ! Et quand on parle des simples griefs quotidiens, là les statistiques tombent à 100%. C’est par exemple quand on doit partir plusieurs tôt pour aller chercher les enfants. Dans la pensée collective, nous sommes des mères donc soit on se bat, soit on se tait. Déjà qu’on est absente, on ne va en plus se plaindre !...

3 - Vous avez nommé votre entreprise “Etre maman est un plus”. Ça va à l’encontre de ce que la société exprime. Votre avis ?

C’est un plus et je ne suis pas la seule à le dire (sourire). Il y a des études qui sont sorties sur le sujet. Quand mes collaborateurs ont choisi de développer leur concept en Espagne, ils se sont rendus compte que les femmes devenues mamans géraient mieux les clients, qu’elles étaient très performantes et mieux organisées. Si elles sont moins présentes sur leur lieu de travail, elles optimisent au mieux leur temps. Malheureusement, encore aujourd’hui, dans l’imaginaire de l’entreprise, une femme devenue maman aura tendance à se désinvestir.

4- La flexibilité, c’est souvent ce que recherchent les mamans. Est-ce un argument en faveur de l’entrepreneuriat ?

En faveur de l’entrepreneuriat et surtout du métier de Community Manager (sourire). Aujourd’hui, c’est un travail qui ne nécessite qu’un ordinateur, un portable et une connexion internet. Vous pouvez, littéralement, le faire de n’importe où. Moi par exemple, ça m’est arrivé de travailler depuis le cours de tennis de mes enfants. Ils sont contents parce que maman voit quand ils marquent des points et moi, je peux travailler en même temps (rires).

On organise son emploi du temps autrement. Je pense qu’il faut arrêter de cloisonner sa vie. Aujourd’hui, la majorité des mamans que nous formons finissent par travailler le soir ou pendant les vacances mais à côté, elles peuvent se permettre d’être présentes si leurs enfants sont malades. Et ce, sans devoir le justifier. Ça enlève un stress important.

5- Si l’entrepreneuriat est un vrai avantage pour les mamans, qu’est-ce qui les empêche de se lancer ?

En tant que femme, on se projette souvent sur l’avenir. C’est quelque chose qui s’accentue quand on a des enfants. La plupart du temps, c’est la question financière qui revient. Quand on a des enfants à charge, on ne réfléchit pas que pour soi. C’est aussi pour ça qu’on forme au digital.  Ça demande un investissement de base vraiment minime. En plus, du fait que la formation soit en ligne, on a pu réduire vraiment les coûts. Et au final, vous l’avez rentabilisé en 25h de travail (sourire).

La deuxième problématique pour les mamans qui voudraient se lancer est liée au manque de confiance en elles. C’est un trait commun chez beaucoup d’entre elles, favorisé par l’éducation qu’on leur inculque dès l’enfance, ainsi que la dévalorisation parfois subtile de leur entourage.

Qu’est-ce que vous proposez dans votre formation pour les aider à sauter le pas ?

La formation dure 12 semaines, dont 9 sont dédiées à l’apprentissage du métier de Community Manager et des réseaux sociaux. Ensuite, nous proposons 2 semaines de Masterclass sur la création  concrète d’une entreprise, ainsi que les moyens de développer son réseau. On a par exemple, un partenariat avec une entreprise de comptabilité qui vient expliquer les avantages et les inconvénients du statut. La dernière semaine, elle aborde d’autres thématiques comme la manière de gérer une chaîne vidéo sur Youtube ou, comment analyser des données sur Google analytique. On leur apprend notamment à se faire confiance et à être résilientes. On déconstruit avec elles leurs blocages et la peur du manque d’argent. C'est important car on constate que les mamans qui sautent le pas, finissent par mieux gagner leur vie (sourire).

6- 12 semaines, ça peut paraître court. Comment ça se passe pour la suite ?

Pour avoir été formatrice professionnelle en institut, ce qui me frustrait c’était qu’à la fin de la formation, chacun retournait à sa vie normale. Nous n'avions pas de retour sur l'apport de l’enseignement. Donc on a créé le Club Estime !

C’est un groupe que peuvent intégrer les mamans à l’issue de la formation. Ça leur permet d’être toujours à la page du point de vue professionnel, d’échanger et de se retrouver. Certaines vont même jusqu’à faire du coworking ensemble. L’entraide et la solidarité sont les maitres mots de ce groupe : elles se réjouissent des réussites des autres et se parlent de leurs difficultés. Le Club Estime, est surtout un moyen de ne pas se retrouver seule. Surtout lorsque l'on passe par cette étape complexe de la première année de création. Lors de la première session en octobre 2019, 13 mamans avaient sauté le pas. Aujourd’hui, elles sont plus de 850 à s’être reconverties, via la formation des Mamans Digitales.

#News
Le 18 janvier prochain, Nathalie Grimaud sortira son nouveau livre « On ne va pas se mentir ». Un livre plein de sens où elle relate la discrimination à la maternité en décryptant les lois et la réalité du quotidien. Par ce livre, elle tentera d’apporter des solutions à un problème qui touche la majorité des mamans.

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